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La pandémie incite les villes à se réinventer

Paddel Afrique

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C’est à l’unanimité que les élus de Rennes ont voté, le 26 avril, la plantation de 18 arbres, en pleine terre, place de la mairie. Le projet contribue à prolonger la trame verte de la ville jusque dans son centre, encore très minéral. IL y a encore un an, il n’aurait jamais obtenu une approbation aussi unanime.

Les grandes crises sanitaires ont toujours modifié l’urbanisme. Celle due au Covid-19, en révélant certains maux des espaces urbains – en particulier les pollutions sonores, atmosphériques, et les inégalités sociales et spatiales –, a mis en exergue l’urgence à agir. Elle a aussi ébranlé un certain nombre de certitudes. A commencer par le dogme de la densité.

« Ce n’est pas tant la densité que sa qualité qui mérite d’être questionnée », tempère d’emblée le géographe Michel Lussault. Certaines villes ou quartiers très denses, rappelle-t-il, ont été plus épargnés que d’autres beaucoup plus clairsemés. Cette crise sanitaire a surtout, plus que jamais, souligné les travers de la polarisation fonctionnelle excessive des villes. « Totalement conçues et formatées pour l’automobile, nos structures urbaines sont zonées, plaçant les différentes fonctionnalités de la ville à des distances importantes les unes des autres, difficilement praticables à pied ou à vélo, relève le philosophe de l’urbain Thierry Paquot. Leur évolution s’impose. Il faut tendre vers la ville polycentrique. »

La ville du quart d’heure

Pour un nombre croissant de villes du monde, la réponse réside dans la « ville du quart d’heure », dans laquelle on trouverait à proximité de chez soi tous les services essentiels. Mulhouse entend ainsi faire de chacun de ses six quartiers un « pôle de centralité », en y facilitant l’installation de projets commerciaux et en y développant équipements et services publics. « Au-delà de la nécessité de réduire les émissions de CO2, il faut changer les rythmes de nos villes, il y a une proximité à retrouver dans les quartiers et nous devons rompre avec l’idée d’une ville avec un seul centre », soutient sa nouvelle maire, Michèle Lutz, qui, comme Anne Hidalgo à Paris, a fait de la « ville du quart d’heure » un argument de campagne.

Si l’expression sonne comme une formule magique, une chose est sûre : la crise, qui oblige à raisonner sur de courtes distances, redonne une force à la proximité. Pour Jean-Marc Offner, directeur de l’agence d’urbanisme Bordeaux-Aquitaine, la démarche n’a toutefois de sens qu’à l’échelle de toute l’agglomération ou métropole, elle doit viser à sortir de l’opposition centre-périphérie. « Le véritable enjeu est hors des centres : dans le périurbain, la question de l’accessibilité à des services de proximité est tout aussi, si ce n’est plus, essentielle », insiste l’urbaniste.

Rennes Métropole est couramment qualifiée de « ville archipel » parce qu’elle ne forme pas un agglomérat mais rassemble 43 communes de différentes tailles reliées par une trame verte, des espaces restés naturels ou cultivés. « L’écueil de la ville archipel est les distances, reconnaît Marc Hervé, premier adjoint à l’urbanisme. Dès lors, le développement de jonctions les plus rapides possible entre ces différentes polarités est essentiel. » Alors qu’une première ligne de métro, en 2002, fit de Rennes la plus petite ville au monde à bénéficier d’un tel équipement, une seconde ligne est prévue pour 2022. Et d’ici à 2030, un Trambus, long bus électrique et rapide roulant sur des voies réservées, devrait venir renforcer l’offre pour des communes des 2e et 3e couronnes.

Des modes de déplacement doux

Développer des liens entre les différentes centralités est d’autant plus fondamental, souligne l’architecte urbaniste Ariella Masboungi, que chaque quartier a sa spécificité. « En habitant en ville, on ne vit pas à l’échelle d’une seule proximité mais dans un réseau de proximités », relève-t-elle. « Survaloriser la vie de quartier est une négation de ce qu’offre la ville comme atout : on n’habite pas une grande ville pour consommer uniquement en bas de chez soi, mais parce qu’il y a une grande diversité d’offres », abonde Jean-Marc Offner.

Et ces liens doivent donner une place confortable aux modes actifs et alternatifs à la voiture individuelle que sont les transports collectifs, les deux-roues, et aussi et surtout la marche à pied. « La ville marchable, relève Ariella Masboungi, n’est pas une ville sans aucune voiture, mais elle n’est plus dessinée pour la voiture et privilégie les modes doux de déplacement. Créer des continuités vertes piétonnes est important pour qu’il soit agréable pour les gens de se promener. » Pour cette urbaniste, il est essentiel de reconfigurer l’espace public en introduisant la nature chaque fois que c’est possible (petits jardins, places plantées, bosquets…). Retrouver de l’espace en ville est primordial, estime-t-elle. Il ne s’agit pas de revenir à un étalement urbain délétère, mais de penser une ville desserrée, donnant plus de place à la nature.

« Par sa simple présence, la nature diminue le stress et la fatigue mentale, rappelle Lise Bourdeau-Lepage, géographe, professeur à l’université Lyon-III. La pandémie du Covid-19 invite, non pas à mettre en place quelques mesures, mais bien à opérer un changement de paradigme, à passer d’une végétalisation d’embellissement à une végétalisation pour le bien-être et la santé des citadins. »

Partisan d’un « urbanisme du soin », Michel Lussault insiste sur l’attention à apporter à la qualité des alentours immédiats des logements, aujourd’hui souvent médiocres. « Il faut repenser l’agencement des unités construites, insérer des interstices, des petits espaces verts de proximité, pour en faire des aires de respiration. Paradoxalement, pour que la densité soit acceptable, il faut créer des espaces vides, non fonctionnalisés. Cela contribue au confort d’habiter en ville, qui plus est lorsqu’on vit dans un petit logement. » Une aération que Marc Hervé juge lui-même essentielle. Alors que Rennes, qui voit croître sa population, est amenée à construire des logements, l’élu estime utile de parfois faire le choix de la hauteur. « Sans avoir d’obsession pour le vertical, explique-t-il, c’est une solution pour garder de l’espace et végétaliser, développer des bancs, des jeux, des terrains de sport aux pieds des immeubles. »

Il faut « “améniser” la ville, rendre amène ses espaces, résume Thierry Paquot, afin que l’on se sente chez soi dans n’importe quelle rue. »

Source : lemonde.fr

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CAN 2022 : les équipes africaines de football privilégient de plus en plus les sélectionneurs locaux

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Les récents limogeages et remplacements des entraîneurs allemand Gernot Rohr et français Hubert Velud et Didier Six, quelques semaines avant la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football, ont confirmé une tendance de ces derniers mois. Plutôt que de faire appel à un étranger, les fédérations de football nigériane, soudanaise et guinéenne ont nommé respectivement le Nigérian Augustine Eguavoen, le Soudanais Burhan Tia et le Guinéen Kaba Diawara.

La présence de ces trois techniciens au Cameroun, où a lieu la 33e édition de la CAN, prouve que les fédérations africaines font davantage confiance à des locaux : quinze des vingt-quatre sélections nationales qualifiées pour le tournoi sont dirigées par un sélectionneur africain. Lors de la précédente édition, en 2019 en Egypte, ce n’était le cas que pour onze des vingt-quatre équipes.

Mais la finale avait opposé l’Algérie, dirigée par l’Algérien Djamel Belmadi, au Sénégal, mené par le Sénégalais Aliou Cissé. La victoire de l’Algérie (1-0) avait permis à Djamel Belmadi d’être le premier sélectionneur local à mener son équipe au sommet, depuis le Nigeria de Stephen Keshi en 2013.

« Je pense que cela a eu un certain impact, même si Belmadi est né en France, donc binational, et a passé ses diplômes d’entraîneur en France, ce qui est aussi le cas de Cissé, relève Ali Fergani, ancien international algérien (72 sélections entre 1973-1986) devenu sélectionneur des Fennecs (1995-1996 et 2004-2005). Désormais, des fédérations africaines veulent davantage faire confiance à des locaux pour entraîner les sélections. »

« L‘émergence d’une génération incarnée par Cissé et Belmadi a forcément créé un élan », appuie Michel Dussuyer. Pour l’ex-sélectionneur français du Bénin, également passé sur les bancs de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, « il est tout à fait normal que les Africains soient plus nombreux à entraîner sur leur continent, surtout quand ils ont les compétences pour le faire ».

« Débat réactif »

« Le niveau de formation s’est beaucoup amélioré ces dernières années », poursuit Ali Fergani, qui « salue l’initiative de la CAF [Confédération africaine de football] d’ouvrir des formations aux entraîneurs africains, dont certains ont dirigé de grands clubs avant d’être sélectionneurs ». La CAF a décidé de créer une formation spécifique pour les entraîneurs africains sous l’appellation « licence CAF », afin d’« élever le niveau des techniciens locaux », comme l’avait précisé l’Angolais Raul Chipenda, alors directeur du développement de l’instance.

Ce recours accru à des sélectionneurs originaires du pays concerné peut cependant aussi avoir un caractère « conjoncturel ». Une fédération peut ainsi être tentée de répondre à une certaine pression des supporteurs et de la presse. D’autant plus quand les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, alors que la sélection est dirigée par un étranger.

« Il y a toujours un débat réactif par rapport aux performances d’une sélection. Il faudra donc observer s’il s’agit d’un phénomène durable ou momentané », souligne Michel Dussuyer. « Ce qui compte, c’est la compétence. Si des techniciens africains ont le niveau, il faut leur donner leur chance. Mais mettre un local qui ne l’a pas, uniquement pour faire plaisir à certains, cela n’a pas d’intérêt », affirme, pour sa part, Ferdinand Coly, l’ancien défenseur de l’équipe du Sénégal (28 sélections).

« Il faut se rappeler que des sélectionneurs étrangers ont beaucoup fait progresser certaines équipes », insiste-t-il également, citant, dans le cas du Sénégal, « le Français Bruno Metsu, qui [leur] a permis d’atteindre en 2002 la finale de la CAN face au Cameroun [défaite 0-0, 2-3 t.a.b.] et les quarts de finale de la Coupe du monde la même année contre la Turquie [défaite 0-1] ».

Ali Fergani tient le même discours. S’il estime « qu’il y avait peut-être trop de sélectionneurs étrangers en Afrique à un moment », l’ancien milieu de terrain des Fennecs ne veut pas minimiser l’apport de certains d’entre eux : « Ils ont pu amener leur expérience, leur expertise, parce qu’ils ont reçu une formation de qualité, notamment en Europe. Comme beaucoup d’entre eux avaient des adjoints locaux, ces derniers ont pu apprendre. »

Métier particulièrement exposé

Etre sélectionneur d’une équipe nationale lorsque l’on est originaire du pays peut toutefois impliquer quelques différences de « traitement ». Notamment pour ce qui concerne le salaire. « Un local, c’est souvent moins cher. On ne va pas verser la même chose à un Français qui a un palmarès et des références qu’à un local qui n’a pas le même vécu, précise un agent, sous le couvert de l’anonymat. A compétences plus ou moins égales, quand un étranger va gagner par exemple 20 000 euros, le national va toucher la moitié, et même moins. »

« La nomination d’un Africain peut sans doute être motivée, dans certains cas, par des questions économiques », suppose Ferdinand Coly. Ce sont souvent les gouvernements qui prennent en charge, avec de l’argent public, le salaire de l’entraîneur, puisque de nombreuses fédérations ne disposent pas d’une autonomie financière totale. « A compétences égales, le salaire doit être le même », plaide Michel Dussuyer.

Pour un entraîneur du cru, il faut aussi être prêt à « gérer la pression, les critiques, les gens qui tentent de se mêler de votre travail », souligne Ferdinand Coly. C’est vrai dans n’importe quel pays du monde où le football occupe une place importante dans la société. Mais encore plus en Afrique, où le métier de sélectionneur est particulièrement exposé. « Pour un Africain, qui vit dans son pays, c’est plus difficile que pour un étranger qui n’est que de passage. On ne lui fera aucun cadeau sous prétexte qu’il est du coin », poursuit Ferdinand Coly.

« C’est pour ces raisons qu’une formation est nécessaire : avoir été joueur, même international, ne fera pas de vous un bon sélectionneur, explique Michel Dussuyer. Un joueur ne doit penser qu’à lui-même, alors qu’un coach doit s’occuper d’un effectif, d’un staff technique, de tout un environnement, rester attentif quant à sa liberté de travailler. Et tout ça s’apprend lors des formations. »

En 2019, les semaines qui avaient suivi la CAN avaient été marquées par de nombreux changements de sélectionneur. La vague n’avait épargné ni les locaux ni les expatriés. Il faudra voir si l’édition 2022 suit un cours différent.

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Ces communes rurales qui courtisent les habitants des villes

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La crise sanitaire encourage de nombreux urbains à rechercher un meilleur cadre de vie à la campagne, renforçant l’attractivité de certaines communes rurales. Les communes et intercommunalités rurales ont d’autant plus de chances d’attirer des urbains qu’elles se trouvent à proximité des grandes villes et des métropoles. Que ce soit pour l’offre de services culturels ou de santé ainsi que pour des commerces, la prospection de logements et de locaux professionnels est essentielle.

En ­Dordogne, à Lamothe-­Montravel­ (1 400 hab.), la crise sanitaire et l’essor du télétravail ont largement contribué à repeupler, de plus de 150 habitants en deux ans, la commune située à une heure et demie en voiture de ­Bordeaux. Avec, à la clé, l’inauguration d’une nouvelle classe à la rentrée 2021. Depuis le premier confinement, l’­envie de campagne des urbains est palpable, même si elle est parfois montée en épingle et inégale selon les territoires.

Si l’attractivité d’une commune comme ­Mens (1 400 hab., ­Isère) s’est fortement accélérée ces derniers mois auprès des ­Grenoblois et, plus récemment, des ­Franciliens, Jean-Paul ­Pourquier, président du pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) du pays du ­Gévaudan-­Lozère (65 communes, 33 000 hab., ­Lozère), n’a pas observé de rebond lié à la crise, alors même que la politique d’attractivité commence à porter ses fruits depuis déjà cinq ou six ans.

Des commerces et services comme préalable

« En Auvergne - Rhône-Alpes, les territoires ruraux à la proximité des métropoles et agglo­­­mérations, par exemple, dans le ­Beaujolais ou le ­Pilat dans la ­Loire, connaissent un afflux plus conséquent que des ­territoires plus en confin », note ­Aurélie­ ­Braillon, chargée de mission « dynamiques territoriales de ­créations d’activités » à Cap rural, centre de ressources sur les pratiques et les métiers du développement local qui anime la mission « réseau rural » dans la région.

Les collectivités rurales actuellement les plus attractives sont aussi celles qui ont élaboré de longue date une stratégie d’attractivité. Directeur des ­Localos, qui se présente comme un collectif des projets de développement local en campagne, J­ean-Yves ­Pineau met ainsi en avant cinq axes de travail en mesure « de transformer des politiques d’attractivité en milieu rural en belles histoires ». « Le premier est le portage et la volonté politique de mettre les mains dans le cambouis. La capacité des habitants à développer leur hospitalité et leur culture d’accueil se travaille également. Tout comme l’offre du territoire en matière de logements ou d’accès au foncier. L’­accompagnement, dans la construction du projet professionnel et l’installation concrète, est également essentiel. Enfin, intervient en dernier la question de la communication », détaille-t-il.

Maire de ­Luzy (2 000 hab., ­Nièvre), ­Jocelyne­ ­Guérin a pris le sujet à bras-le-corps depuis sa prise de ­fonctions en 2014. « Je passe beaucoup de temps à ­recevoir les familles qui ont un projet d’installation. Mais c’est surtout le projet de ville, élaboré en partenariat avec les habitants, qui attire », avance-t-elle. La réintégration des commerces dans le centre (tous les espaces commerciaux y seront ­occupés d’ici à l’an prochain) ainsi que le déploiement d’une vie associative riche et d’une ambiance de village ont attiré, depuis 2016, 30, puis 40 nouvelles familles par an… jusqu’à 104 en 2020 !

La mise à disposition d’offres de commerces et de services, que ce soit en matière culturelle ou de santé, est un autre préalable incontournable. En l’­absence d’investisseurs privés, ­Migennes (7 300 hab., ­Yonne) mène ainsi une politique très volontariste d’identification des locaux vacants, dont certains sont rachetés pour être ensuite loués à des prix modérés. « Nous sommes aussi allés chercher une franchise de restauration rapide de qualité, une fromagerie et un boucher, car les commerces de bouche de qualité sont un point d’attention. Nous avons racheté ou construit des équipements sportifs et culturels, comme le cabaret ­L’­Escale, réhabilité en 2014, ou le cinéma, inauguré en mai 2021 », énumère ­Aurélie ­Haerinck, responsable du développement territorial et de l’attractivité.

Des efforts sur l’accès à l’emploi

De son côté, la communauté de communes (CC) du val d’­Amour (24 communes, 9 100 hab., ­Jura) ouvrira en 2022 un portail citoyen dématérialisé d’­information sur les démarches de service public sur le territoire, les événements culturels, l’école et l’assainissement. La politique d’attractivité passe également par un accompagnement du projet professionnel des candidats. Un objectif que s’est fixé le réseau ­Lozère ­Nouvelle vie, qui réunit, en ­particulier, les efforts du conseil ­départemental et des trois groupements du territoire, que ce soit en matière de recherche d’emploi, de création ou de reprise d’entreprise. Ou encore le dispositif ­Beaujolais vers votre avenir, piloté par le syndicat mixte du ­Beaujolais (116 communes, 225 000 hab.). Chef de mission « politique d’accueil » au syndicat mixte, ­Denis ­Longin observe d’ailleurs une évolution des projets portés par les candidats à l’installation. « Il s’agissait jusqu’ici de créateurs ou de repreneurs, surtout de petits commerces, avec notamment, dans les premières années, il y a douze ans, des bars-restaurants en location-gérance. Petit à petit, le champ s’est élargi à tous les secteurs, avec, depuis la crise sanitaire, une grosse progression des projets agriruraux ou de maraîchage, qui sont passés de 15 à 40 % des projets accompagnés », relate-t-il.

La CC du val d’­Amour a choisi de soutenir aussi les conjoints, au moyen d’un partenariat avec la plateforme interconsulaire (chambre de commerce et d’industrie, chambre des métiers et de l’artisanat, et chambre d’agriculture) dédiée aux ressources humaines au niveau départemental, obtenant l’accès à un agrégateur d’offres d’­emploi devenu, pour ­l’intercommunalité, un précieux canal d’information. « Nous travaillons également avec l’association Made in Jura, qui fédère plus de 400 entreprises », souligne ­Etienne ­Rougeaux, président de la CC.

Un répertoire de logements disponibles

L’engouement pour la campagne incite les collectivités à accélérer ou à infléchir certains pans de leur politique d’attractivité. La réflexion sur la création de tiers-lieux, encore regardés comme des ovnis dans certains territoires ruraux avant 2020, s’est ainsi considérablement accélérée. La CC du val d’­Amour a misé sur un premier tiers-lieu, ouvert en novembre 2019. « Il s’est assez vite rempli, avec, depuis la crise sanitaire, un nouveau public, comme ces deux avocates qui résident trois semaines par mois sur notre territoire », note ­Rémi ­Gauthier, directeur général des services de l’intercommunalité. Trois autres tiers-lieux sont en projet pour mailler le territoire.

Au syndicat mixte du ­Beaujolais, l’afflux d’une nouvelle population depuis la crise implique de revoir les priorités. « Alors que nous accompagnions jusqu’ici en moyenne 75 porteurs de projets par an, nous sommes passés, en 2021, à près de 110 personnes, que nous suivons plus longtemps, car nous avons peu d’offres à leur proposer. Nous allons donc réorienter notre stratégie vers davantage de prospection d’offres de reprises d’activité, de foncier professionnel bâti ou non bâti, et même de logements, qui est le gros point noir actuellement », raconte ­Denis ­Longin.

Les efforts redoublent en matière de logement alors que le parc immobilier – souvent limité – a déjà été pleinement investi par les derniers arrivants. « Nous engageons les communes à tenir à jour un répertoire des logements disponibles », indique ­Daniel­ ­Louineau, chargé de mission « attractivité territoriale » au PETR du pays de ­Gévaudan-­Lozère.

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Vie locale

i-Tourisme : en quête de local et responsable, de l’intention à l’action !

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Si la crise sanitaire a permis un incontestable regain d’intérêt pour le tourisme local et responsable, cela fait déjà plusieurs années que des acteurs du secteur s’intéressent au sujet. La COVID a remis sur le devant de la scène cette urgence de se tourner vers un tourisme plus durable.

Conscience écologique, mobilité durable, empreinte carbone, tous ces termes font aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien. Selon une étude IFOP pour les Rencontres du Tourisme Durable, 61 % des Français déclarent que la préservation de la nature et de l’environnement constitue une motivation plus forte qu’avant le début de la crise sanitaire. Aussi, 88 % des Français sont favorables à l’instauration de quotas ou de restriction de visite à certains sites emblématiques, inédit à un tel niveau. Cette étude illustre que le tourisme durable progresse, et de nombreuses startups se sont désormais emparées du sujet pour répondre ou même anticiper les attentes des voyageurs.

Plateformes de mise en relation avec des locaux, sites de réservation d’hébergements ou d’activités écoresponsables, ou encore boom des réservations de mobilité douce type vélo, l’industrie du tourisme de loisirs se réinvente au rythme de ces nouvelles innovations. Mais le tourisme d’affaires doit lui aussi se repenser et s’adapter, c’est pourquoi certaines startups travaillent à rendre plus durables et écoresponsables les voyages professionnels, grâce à de nouveaux indicateurs notamment.

Tourisme durable et crise sanitaire : une conjonction historique ?

Thomas Deschamps, directeur de l’Observatoire, du Tourisme durable et accessible à l’Office du Tourisme et des Congrès de Paris, a sa propre réponse.

La disparition totale des touristes pendant la crise pousse à repenser la notion de tourisme. Mais cela sera-t-il un mouvement de fond ? Les crises de fréquentation touristique ne sont pas nouvelles dans les grandes métropoles. Provoquées par des événements géopolitiques ou culturels (attentats, revendication d’autonomie, etc.), sociétaux (rejet du tourisme, revendications sociales, etc.), naturels (ouragans, crues, canicules, etc.) ou encore économiques (crise des subprimes, éclatement de la bulle internet, etc.), ces crises n’ont pas entamé la résilience des grandes villes, qui se sont, à chaque fois, réinventées.

À chaque occasion, les touristes ont mis plus ou moins de temps pour revenir. Mais ils sont revenus, intégrant de nouveaux paramètres, modifiant leur mode de consommation. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?

Après la crise sanitaire : une nouvelle ère ou la suite de l’histoire ?

Du côté des professionnels du tourisme le premier réflexe de survie est l’espoir d’un retour du « business as usual » pour sortir la tête de l’eau le plus rapidement possible. Mais les touristes, auront-ils changé ? Eux aussi dans un premier temps reprendront leur vie normale. Certaines destinations tablent même sur un « tourisme revanchard », espérant que les touristes souhaiteront rattraper le temps perdu après ces deux années de frustration, privées de voyages.

Mais les touristes comme les professionnels du tourisme ont-ils pris conscience que les pratiques devaient évoluer ? Ce qui est sûr c’est que la crise est un catalyseur. Dans leur vie quotidienne, les consommateurs comprennent de plus en plus que chacune de leurs actions peut devenir un levier pour minimiser la destruction de la planète. Le tourisme étant une composante de la consommation moderne, il devrait suivre ce chemin vertueux tracé par les consommateurs eux-mêmes.

Mais le tourisme se construit également en réaction à un mode de vie qui n’évolue pas toujours aussi vite que la consommation elle-même. Aujourd’hui la moitié de l’humanité vit en ville, et la ville n’est pas le meilleur terrain de relaxation face à un mode de vie stressant, si elle n’affiche pas un nouveau visage. Ces derniers étés, les métropoles ont été délaissées au profit d’autres types d’espaces moins risqués sanitairement. Si cette situation laissera sans doute des traces.

Alors que faire ?

Les villes touristiques ne s’y sont pas trompées et voient dans le tourisme durable un sujet de nature à renchérir leur message, rassemblant des acteurs très divers autour d’une nouvelle idée de la destination. Penser à la planète, mais aussi à faire du tourisme un meilleur contributeur de l’économie urbaine. Le tourisme durable est au centre de la réflexion qui fait se rejoindre les habitants, les professionnels et les touristes.

Paris est en pole position sur ces questions et a décidé de rééquilibrer son développement urbain pour le rendre durable : par un partage de l’espace public entre les piétons, les voitures et les mobilités douces ; en donnant une place plus grande à la nature et à la biodiversité et rendant ainsi la ville plus accueillante et vivable pour tous ses usagers, au point que l’association entre écotourisme et milieu urbain pourrait représenter une nouvelle façon de valoriser le territoire.

En revanche, pour les professionnels du tourisme le paradigme est autre : changer de process, de façon de gérer le personnel et les approvisionnements, de diversifier ses clients afin d’être plus résilient, de s’ouvrir sur le quartier, etc., ne se fait pas sans mal et sans effort. II faut donc pousser à passer à l’action en les convainquant que changer c’est se mettre en phase avec leurs futurs clients. Leur proposer des solutions pragmatiques, clés en main, afin de leur faciliter la transition vers un nouveau modèle. Beaucoup de solutions existent déjà quand d’autres nécessitent encore d’être inventées, individuellement et collectivement. Les informations pour faire évoluer les mentalités sont disponibles, mais pour beaucoup encore elles nécessitent d’être décomplexifiées, mises en perspectives.

Générer un mouvement d’engagement

Les défis à relever sont ambitieux mais exaltants. Le tourisme autrefois inventé pour découvrir d’autres cultures en se formant soi-même (le fameux Grand Tour) était devenu une industrie de masse déconnectant les producteurs des lieux d’accueil, n’incluant que peu la population. Aujourd’hui les destinations urbaines repensent la ville et l’intégration du tourisme pour que toutes les parties prenantes trouvent un bénéfice dans ce changement. Le capital économique ne peut plus aujourd’hui occulter le capital social et naturel. L’équation entre ces trois notions doit se rééquilibrer, sans greenwashing, pour envisager le développement.

Le tourisme de masse est-il devenu un ennemi à combattre ? Les visiteurs lointains sont-ils coupables de générer du CO2 ? Quid des Américains, 1ère clientèle étrangère en temps normal à Paris ? Les destinations vont apprendre à projeter l’image qui correspond le mieux à leur ville et aux clientèles qu’elles souhaitent recevoir, sans pour autant fermer les portes de « ancien monde ». Le chemin qui se présente à nous aujourd’hui est de (re)trouver un équilibre entre les hôtes de passage et les habitants.

Se fixer des objectifs, mesurer sa progression, responsabiliser les agents et afficher la transparence de ses actions sont les composantes principales de la méthode à appliquer pour changer. Elle positionne la collecte et l’analyse de données au cœur de l’engagement en valorisant la notion de progrès.

L’avenir nous dira si les évolutions conjointes des acteurs du tourisme arriveront à faire d’un comparateur d’impact carbone un outil incontournable dans la décision du consommateur en termes de destination, au même titre qu’un comparateur de prix. Mais ce qui est certain c’est que les villes changent et accompagnent cette prise de conscience et n’attendent que le Tourisme pour la mettre en avant.

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